La situation actuelle de la France vient d’une crise qui frappe notre pays depuis la fin des années 1970, voire depuis la révolution industrielle. Car cette crise n’est pas uniquement sociale et économique, elle est surtout sociétale. Les Françaises et les Français, inquiets, se sont recroquevillés sur eux-mêmes tout en rejetant une vision dynamique de la France et de l’Europe dans le monde, vision qui bouscule par trop une imagerie traditionnelle et sécurisante de notre pays qui pourtant ne correspond plus du tout à la réalité du XXI° siècle. Ce rejet est d’autant plus fort qu’il s’accompagne, selon une majorité des citoyens, structurellement, d’une crise économique, d’une régression sociale, d’un reflux identitaire et d’une disparition de la « grandeur universaliste » française. foi dans un avenir meilleur.

 

C'est pour cela, j’ai décidé de créer un blog baptisé «  La France Réconciliée  » qui veut  contribuer au débat pour un renouvellement de la démocratie dans le cadre d’une société libérale et sociale qui place l’humain au centre de sa vision.


Alexandre Vatimbella

Lundi 13 août 2007

 

Nous avons élu un président de la république qui se présente comme un volontariste, un président qui souhaite bouleverser les habitudes des Français, sans chichis, pour permettre au pays de s’adapter aux défis d’aujourd’hui et de demain, tant ceux de la mondialisation que des problèmes écologiques. Voilà déjà qui nous change des deux dernières présidences, tout au moins au niveau du discours puisque, évidemment, le temps de l’action est encore beaucoup trop courte pour analyser l’application concrète de cette profession de foi qui est constamment rappelée par son auteur.

 

 

La présence, à la tête de l’Etat, d’un tel homme politique va-t-elle, peut-elle aboutir à un changement en profondeur ou tout ceci n’est-il que pure rhétorique ? Cela peut-il changer en profondeur la société française ?

 

 

Avant tout, il faudrait définir ce qu’est exactement le volontarisme car dans une acceptation large, on pourrait dire que tout home politique est volontariste puisqu’il défend des idées qu’il désire mettre en pratique et que, sans faire de procès d’intention, il croit à son combat pour les imposer. Dans le même ordre d’idée, tout programme d’un parti est volontariste. Néanmoins, le volontarisme se situe à un autre niveau. Il s’agit, en quelque sorte, non seulement, de s’attaquer aux habitudes en place mais, en plus, de demander à la réalité de se plier à une vision politique, vision politique que le volontariste estime non seulement juste mais, en quelque sorte, visionnaire.

 

 

De ce point de vue, le volontarisme peut apparaître comme une supercherie, voire comme un danger. Changer la réalité est, soit une pure fiction, soit un jeu dangereux qui peut aboutir à des crises. Car, comme le rappelle le dictionnaire Larousse, le volontarisme est « une attitude que quelqu’un qui pense modifier le cours des événements par la seule volonté » avec « primauté à la volonté sur l’intelligence et à l’action sur la pensée intellectuelle ».

 

 

Comme souvent, les réponses se trouvent dans l’histoire. Nicolas Sarkozy n’est pas le premier volontarisme de la politique et, en particulier, de la politique française. De grands hommes d’Etat ont été labellisés comme volontaristes. Que l’on songe à Armand Duplessis duc de Richelieu, Napoléon Bonaparte, Charles De Gaulle, du côté français. Que l’on songe au « chancelier de fer »,  Otto Von Bismarck, Théodore Roosevelt, Winston Churchill, Michael Gorbatchev dans le monde. Sans oublier Margaret Thatcher, Ronald Reagan ou, plus près de nous, Tony Blair. Toutes ces personnalités, dont nous ne sommes pas en train de juger les idées politiques ont voulu « changer la donne ». Sans oublier, ceux qui, en tant que volontaristes ont entraîné leurs pays et le monde dans des aventures criminelles et à la ruine comme Hitler, Mussolini ou Lénine.

 

 

Le passage à la tête de l’Etat de tous ces politiques ont modifié les choses au cours de l’exercice de leur pouvoir. Mais, sur le long terme, celles-ci ont-elles été profondément modifiées ? Il est évident que la réponse ne peut être faite pour un Tony Blair ou un Michael Gorbatchev. Mais pour Richelieu qui voulait que la France soit un pays uni, pour Théodore Roosevelt qui voulait éliminé la gangrène de la corruption aux Etats-Unis, pour Margaret Thatcher qui voulait que la Grande Bretagne redevienne un pays libéral, pour Charles de Gaulle qui voulait redonner à la France son rayonnement d’antan, quel est la bilan ? Il est mitigé même s’il a montré qu’une volonté doublée d’une forte conviction et d’un pouvoir de convaincre pouvaient faire évoluer les situations.

 

 

Sachant que ni Margaret Thatcher, ni Ronald Reagan, par exemple, n’ont changé les sociétés britanniques et américaines en profondeur malgré leur force de conviction et quelques succès indéniables, on découvre rapidement que le volontarisme peut n’être qu’une incantation. Cependant, les présidents volontaristes comme Théodore Roosevelt aux Etats-Unis ou Charles de Gaulle en France ont été des fers de lance du changement, le premier en luttant contre la corruption à tous les niveaux de la société américaine, notamment sur la mainmise des trusts sur l’économie, et le second en relevant l’identité nationale mise à mal durant la seconde guerre mondiale. Dès lors, il semble que le volontarisme donne ses meilleurs résultats dans les périodes de crise aigüe ou de bouleversement important dans une société fragilisée.

 

 

De son côté, le nouveau président le république, Nicolas Sarkozy, nous propose un nouveau volontariste pour changer la France et la mettre de plein pied dans le XXI° siècle. A-t-il une chance de réussir et cela permettra-t-il de réconcilier les Français avec eux-mêmes, leur pays, l’Europe et le monde ? Il est beaucoup trop tôt pour répondre comme nous l’avons dit plus haut. Néanmoins, il possède quelques atouts pour pouvoir réussir dans son entreprise. Et un des plus importants est que la société française semble prête à accepter une dose de changement radical. Quelle dose ? Seul l’avenir nous le dira. Un autre indice positif est sa capacité à avoir réuni autour de lui des politiques venant d’horizons divers ce qui semblerait démontrer que sa vision rencontre un fort écho positif chez les décideurs.

 

 

Quant à nous, nous croyons à un « volontarisme modéré ». Celui-ci port un nom, le Centrisme. S’il reconnaît l’importance de la volonté individuelle et s’il fait le « pari de l’humain » à l’instar de Confucius, il est aussi ancré dans la réalité et celle-ci n’est pas malléable à l’infini comme voudrait le faire croire certains politiques. Car le volontarisme ne doit pas être confondu avec l’incantation, méthode très à la mode dans le monde politique. Il ne suffit pas de dire ou d’affirmer pour que les choses changent. Il ne suffit pas non plus de décisions mais il faut que celles-ci correspondent à une situation même si c’est pour la modifier ou la changer en profondeur.

 

 

Personne ne nie l’existence d’êtres exceptionnels et leur capacité à engendrer le changement. Mais il faudrait être bien naïf pour penser qu’une seule personne peut changer une société qui n’y serait pas consentante. Et ce consentement est aussi une affaire de consensus que l’on recherche constamment et qui est fait d’allers-retours entre la société dite « civile » et le monde politique. La fameuse alternative entre s’adapter au monde qui nous entoure ou l’adapter à soi n’est guère pertinente. Car, c’est bien avec un mélange des deux que l’on obtient les meilleurs résultats. Au risque de froisser quelques égos surdimensionnés…

 

 

Ce dont nous avons besoin, pour réconcilier les Français avec leur pays et l’avenir, pour les réconcilier avec la politique, est un président qui prend toute la dimension, à la fois, des défis du XXI° siècle et de la réalité de la société française, économique, social et sociétale pour proposer un vrai contrat politique, c’est-à-dire des buts qui ramènent au concret, à la vie quotidienne de nos concitoyens. Dans cette optique, le volontarisme peut être un atout mais, s’il est débridé, un vrai risque.

 

 

Alexandre Vatimbella

 

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Dimanche 17 juin 2007

De nombreux intellectuels, philosophes, sociologues et politologues, observateurs avertis de la société française, sont inquiets, voire très inquiets. L’objet de leurs craintes : que le lent processus de délitement du lien social qui a pris racine dans le XVIII° siècle des Lumières suite à la promotion de l’individu roi, concept qui est réellement devenu hégémonique dans la deuxième partie du XX° siècle, ne parvienne bientôt à son point final, le coup de grâce ayant été donné par la  rapide montée en puissance, lors de la fin du XX° siècle et du début du XXI°, des multiples revendications identitaires provenant de groupes ethniques, religieux, sociaux, etc.

 

Ce mouvement que l’on observe depuis une vingtaine d’années, n’est qu’un avatar de l’individualisme roi et, en même temps, une réaction à celui-ci. Il a été à l’origine de la création de multiples groupes restreints – ce qui démontre a contrario le besoin indispensable de l’être humain d’appartenir à  une communauté - où se retrouvent un certain nombre de personnes qui partagent des intérêts communs, voire des valeurs communes, et qui réclament à la société la mise en place de règles particulières en leur faveur quand ce n’est pas des changements de règles générales tout court. Exemple caricatural de cette atomisation de la collectivité générale en communautés véhiculant autant de visions autocentrées de la vie, la revendication, en Grande Bretagne, par des groupes de musulmans vivant dans des quartiers de Londres où ces derniers sont majoritaires d’une instauration de la charia, la loi islamique.

 

Au-delà de cet exemple extrême mais pas isolé, ces observateurs estiment que nous sommes dans une tourmente et à la veille d’une déflagration sociale majeure. Certains demeurent optimistes quant à la capacité de la France de (re)constuire un « vivre ensemble ». D’autres, plus pessimistes, demandent que l’Etat prenne ses « responsabilités » et agisse avec la fermeté nécessaire.

 

Quel est ce danger ? C’est ce que l’on a appelé le « communautarisme » assez improprement et qui est plutôt la scission de la société en d’innombrables « tribus » qui se sont constituées et qui continuent à se constituer sur des bases d’intérêts communs antinomiques les uns avec les autres et, souvent, antinomiques avec la règle générale.

 

Ces chocs ne sont pas encore toujours frontaux mais ils sont voués à le devenir de plus en plus. Pour éviter qu’ils le deviennent, il nous faut absolument refonder notre « vivre ensemble » en inventant un nouveau lien social qui englobera toutes les éthiques communautaires tout en les dépassant dans une vision humaniste, c’est-à-dire de liberté et de tolérance, seule capable de respecter l’humain dans toute sa diversité. Synthétiquement, il faut réinvestir le « vivre ensemble » en assignant un cadre général contraignant à ces éthiques communautaires au-delà duquel elles ne peuvent déroger aux règles de la vie en commun.

 

Concrètement, le politique peut-il réussir dans cette tâche si importante et si délicate ? Et doit-il choisir la voie du compromis ou de la fermeté ? Le consensus doit être évidemment privilégié mais il ne doit pas non plus être le seul mécanisme pour fonder ce nouvel « vivre ensemble ». Car la restructuration d’une communauté comme la France nécessite d’établir des bases fortes qui ne peuvent être que celles qui sont porteuses des valeurs de la culture française au sens large, notamment d’une culture démocratique issue largement d’une vision judéo-chrétienne modelée au cours des siècles. Ainsi, la liberté de pensée, la liberté de parole et la liberté d’agir dans le respect d’autrui ne sont pas négociables sauf à changer de système politique. L’égalité de condition et l’équité dans la reconnaissance de ceux qui entreprennent ne le sont pas non plus.

 

Mais ce serait trop simple de rappeler l’intransigeance qu’une démocratie doit avoir vis-à-vis de ces principes sans s’interroger si ce n’est pas, justement, leur absence qui a créé cette montée des éthiques communautaires. Ainsi, la société doit également porter un regard critique sur ses pratiques et se remettre à l’ouvrage pour appliquer effectivement les règles non négociables de son vivre ensemble. C’est aussi dans sa fidélité à ses principes qu’une société peut demander à ses membres de les respecter. Reste qu’in fine, quelque soit le contexte et les erreurs de la société, il ne peut y avoir de « dérogations » données à certains afin de s’émanciper des règles et des principes qui constituent le ciment social. Car une civilisation qui se morcelle est une civilisation qui s’affaiblit par ses fondations avant de s’effondrer. C’est une leçon de l’histoire que connaissent d’ailleurs très bien beaucoup de ceux qui demandent ces dérogations…

 

Alexandre Vatimbella

 

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Mercredi 16 mai 2007

Or donc tout le monde est au centre et même du Centre ! La mode est au centre qui, paraît-il, n’est qu’une illusion. En tout cas, une illusion bien lucrative politiquement ces derniers temps. Après François Bayrou puis les dissidents de l’UDF, après Nicolas Sarkozy et son « pôle centriste » de la majorité présidentielle, après François Hollande qui veut fonder un parti « allant jusqu’au centre », c’est au tour des radicaux, qui ne sont pas à un opportunisme près, de vouloir créer un « parti radical au centre ». N’en jetez plus ! Cette mode est comme celle de planter les choux, chacun le fait à sa propre mode…

 

On pourrait s’en réjouir de voir le Centre au… centre de toutes les attentions. Ou, devant cette vision dérisoire de la fameuse « politique politicienne » on pourrait rire de tous ces opportunistes qui flairent le bon coup. Mais, c’est plutôt l’inquiétude qui prédomine. A la fois pour le Centre et pour la démocratie et cette réconciliation si nécessaire des Français avec la politique qui pourtant avait l’air de s’ébaucher ces derniers temps comme l’ont montré les taux de participation aux deux tours des présidentielles ainsi que les taux d’audience audiovisuelles au cours de la campagne qui les a précédées.

 

Le danger, pour le Centre, tout le monde le comprend, est que, à nouveau, celui-ci n’apparaisse que comme un espace d’opportunisme que l’on investit pour faire alliance avec le plus fort et se voir distribuer quelques miettes ministérielles par ce dernier. Dès lors, la pensée centriste retourne aux oubliettes à la grande joie de la Droite et de la Gauche. Ce danger a été présent de nombreuses années sous les III° et IV° Républiques où, à côté d’hommes sincèrement du Centre comme Aristide Briand, n’en déplaisent à ses détracteurs, il y avait des carriéristes qui naviguaient, au gré du courant majoritaire dans les eaux troubles des ralliements intéressés. Dès lors le Centriste devenait inévitablement l’opportuniste que l’on pouvait appâté et dont le reniement n’était qu’une question de temps. Une vision qui a fait terriblement du mal au Centrisme. Car, nous ne le rediront jamais assez, le Centrisme est une vraie pensée politique, une vraie politique alternative et non une chimère et une salle d’attente pour politiciens en mal de maroquins.

 

Le danger pour la démocratie est que les citoyens voient dans cette course au centre le bien-fondé des idées populistes comme quoi les hommes et les femmes politiques ne sont que des carriéristes et qu’ils n’ont d’autres envies que le pouvoir et les prébendes qui vont avec. Cette vision qui traverse toutes les époques est particulièrement dangereuse dans ces temps où le peuple voit mal comment l’action politique peut résoudre ses problèmes devant la mondialisation, le terrorisme et les grands flux financiers indépendants sans parler de la « menace extérieure » chère à toute communauté et qui se manifeste désormais, comme aux temps de l’empire romain finissant, part l’invasion des barbares, traduisez par l’immigration débridée et la perte d’identité nationale.

 

Mais le danger est aussi dans l’appauvrissement du débat politique et dans « l’oubli » des grandes décisions à prendre. « Mettons-nous au centre et nous pourrons continuer comme avant mais en faisant plaisir aux électeurs » semblent dire de nombreux chevaux politiques sur le retour. Dès lors, le pragmatisme attaché au principe de réalité dont les deux points d’ancrage sont la liberté puis la solidarité qui caractérise le Centrisme devient inaudible et se voit diluer par des paroles bien-pensantes d’union nationale et d’apaisement du débat politique.

 

Ce danger est particulièrement grave car il revient, sous couvert d’un « juste milieu » à ne prendre aucune décision alors que la France doit en prendre d’urgence. Cette mode du Centre n’est alors qu’un paravent. Et la réconciliation nécessaire et urgente des Français avec la France , l’Europe et le monde passe à la trappe.

 

Car nous ne sommes pas ici en train de maugréer comme ceux qui s’approprient une idée ou un sigle sur notre dépouillement du Centre par des bandes de hooligans. Si cette appropriation signifiait que tout le monde devient véritablement centriste, nous n’aurions qu’à nous en féliciter et à nous dire que le monde ne pourra qu’aller mieux. Mais, vous l’avez compris, ce n’est pas ce qui est en train de se passer. Tirer la sonnette d’alarme d’un train fantôme qui risque de faire de multiples dégâts dans le pays et dans la mouvance centriste est notre seule motivation. Que les gens de Droite assument leur positionnement. Que les gens de Gauche fassent de même. Et s’ils ont eu la révélation centriste ( !) qu’ils rejoignent les partis et associations qui existent déjà. Mais, sans doute, ce serait nettement moins lucratif…

 

 

Alexandre Vatimbella

 

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Dimanche 6 mai 2007

Le Centre place au cœur de son programme politique la liberté d’entreprendre, valeur défendue par la droite mais aussi la solidarité, valeur mise en avant par la gauche. Loin d’en faire des dogmes statiques, il en fait une synthèse pour en tirer un équilibre. Car le Centre n’est pas un juste milieu de deux extrêmes, il est un juste équilibre. C’est un milieu dynamique, c’est-à-dire un pôle d’attraction qui rassemble, non dans une vision conservatrice de la société mais, tout au contraire pour y insuffler une action politique volontariste qui amène le progrès.

 

Pour y parvenir, le Centrisme est une pensée politique pragmatique qui s’appuie sur le « principe de réalité », terme « ronflant » à la mode qui ne signifie pas autre chose que l’on ne peut mettre, trivialement, la charrue avant les bœufs. En ce sens, le Centrisme reconnaît, en matière économique, la primauté de la production sur la redistribution puisque l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a produit. Mais le principe de réalité, c’est aussi  la mise en avant de une des valeurs centrales de toute société humaine : le travail. Sans travail pas de vie humaine. Sans travail pas de société humaine.

 

Au-delà d’une « reconnaissance sociale » qu’apporte le travail et que l’on peut déplorer (privé de travail on demeure un humain à part entière), ce dernier est une obligation pour assurer notre existence. Nous ne sommes pas dans un jardin d’Eden où, rappelons-le, la femme et l’homme n’avaient pas besoin de travailler, et si celui-ci existe, nous ne le trouverons que dans un paradis après notre mort terrestre. Même si l’on épouse la vision d’un travail punition des dieux, il n’en reste pas moins que l’être humain est travail et que la lutte pour la vie dans lequel il s’insère est une réalité ontologique de l’humain et de l’humanité.

 

Ainsi, ceux qui se revendiquent du Centre et du Centrisme placent la valeur travail au cœur de leur réflexion politique et économique. Ceux qui dénient cette place primordiale ne sont pas du Centre. Et cela n’a rien d’idéologique mais ressort d’une donnée incontournable de ce qu’est le Centrisme, un pragmatisme. Il ne s’agit pas de glorifier le travail pour le travail. Si nous pouvons penser que sans travail, l’être humain vivrait dans un certain désoeuvrement, le travail c’est, avant tout, le moyen de bâtir une société tout court puis de la fortifier ce qui permet ensuite, en faisant fructifier ce travail, de la rendre équilibrée, c’est-à-dire la plus juste possible pour tous. Et si l’espèce humaine, par quelque miracle, pouvait se passer du travail, alors nous serions, en tant que Centristes, les premiers à le reconnaître en tant que pragmatiques.

 

Mais cette situation n’est pas pour demain. Tous ceux qui travaillent la terre savent que c’est une tâche continuelle que de se battre contre les éléments contraires pour que l’on puisse récolter ses fruits. Et même ceux qui n’ont qu’un jardin d’agrément savent que s’ils le laissent à lui-même, les mauvaises herbes et les ronces s’en empareront petit à petit. Et si notre organisme ne « travaillait » pas 24 heures sur 24 pour lutter pas contre les bactéries et les virus, nous ne pourrions vivre une seule seconde sur cette planète.

 

Pour construire un avenir pour nous-mêmes et nos enfants, nous devons réhabiliter le travail dans une société où l’on a tendance à croire que tout peut se faire par une « main invisible », mais pas la même que celle des libéraux… Nous devons le réhabiliter non pas pour le plaisir mais parce que celui de nos parents et de nos aïeuls nous permet d’être là où nous sommes aujourd’hui et que le nôtre permettra de continuer l’œuvre de l’humanité : bâtir une meilleure vie.

 

 

Alexandre Vatimbella

 

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Jeudi 26 avril 2007

Il y a peu, nous parlions ici du couple star des Français, la liberté et l’égalité en expliquant que ces deux valeurs se trouvaient plus ou moins à égalité dans leurs cœurs. Ainsi, 52 % des personnes interrogées par le Cevipof dans son baromètre plaçaient l’égalité avant la liberté et 48 % mettaient cette dernière avant l’égalité. La nouvelle vague du baromètre du Cevipof inverse les résultats puisque les Français placent maintenant la liberté en premier pour 52 % d’entre eux et 47 % choisissent l’égalité (1 % ne se prononçant pas…).

 

 

Ces résultats sont complétés par un sondage effectué par la Sofres pour Télérama. Ici, les trois valeurs de la devise de la France sont pris en compte : liberté, égalité, fraternité. Le choix des Français est plus radical encore puisque 52 % des Français estiment que la liberté est la plus importante du trio, 30 % que c’est l’égalité et 16 % la fraternité. Cependant ils pensent qu’aujourd’hui le terme le plus menacé est l’égalité (80 %) devant la fraternité (69 %) et la liberté (59 %). Et c’est pourquoi ils demandent à 55 % qu’une politique plus égalitaire soit mise en place contre seulement 38 % une politique plus axée sur la liberté.

 

 

Quand on rentre dans les détails de ce très intéressant sondage, on apprend que s’il fallait rajouter un quatrième terme à la devise nationale, les Français choisiraient majoritairement le respect. En outre, quand on parle de liberté, c’est avant tout la liberté d’expression qui est importante (66 %) devant la liberté d’aller (17 %) et venir puis, loin derrière, la liberté d’entreprise (6 %), la liberté de culte (4 %), la liberté syndicale (3 %) qui ferme la marche en compagnie de … la liberté sexuelle (3 %) ! Sans doute, concernant cette dernière, les Français estiment-ils, d’une part, qu’il s’agit d’une pratique privée et que, donc, cette liberté ils la prennent en dehors de la sphère publique sans oublier une sensibilité accrue ces dernières années aux affaires choquantes de viols et, surtout, de pédophilie associés sans doute à tort à cette liberté.

 

 

Pour revenir sur le choix d’une politique égalitaire et sur le fait que selon les Français ce soit l’égalité qui soit la plus menacée dans notre pays, il n’est pas inutile de rappeler que la France est certainement un des pays les plus égalitaires du monde comme l’expliquent la plupart des spécialistes et que les émoluments de certains patrons qui choquent les Français ainsi que les « golden parachutes » qui leur permettent d’être licenciés en empochant des dizaines de millions d’euros voire des centaines sont peu de choses dans l’égalité globale et que ces pratiques sont encore plus développées dans d’autres pays dont, par ailleurs, elles choquent tout autant les populations comme celles des Etats-Unis.

 

 

Ce que le sondage ne demande pas, malheureusement, c’est ce qu’est l’égalité pour les Français. Une égalité des chances ou une égalité des conditions, ce n’est évidement pas la même chance. On sait qu’en général c’est plutôt la première qui est citée mais on sait aussi qu’il y a une très forte tendance en France à vouloir niveler les niveaux des revenus et de promouvoir une égalité synonyme d’uniformisation et, in fine, de système liberticide voire totalitaire tant la différence est le fondement de la liberté.

 

 

La question qui se dégage de toutes ces données c’est, évidemment, comment concilier une envie de liberté et une demande d’égalité couplée avec celle d’une solidarité. Cette question est centrale dans la réconciliation des Français avec eux-mêmes et la société française. Celle-ci a été au cœur de la campagne présidentielle dont le premier tour vient de s’achever.

 

 

La réponse se trouve en grande partie dans le quatrième terme que les Français ajouteraient volontiers à la devise nationale : le respect. Ce dernier concept est fondamental pour créer un lien social fort qui puisse être le terreau de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et, surtout, de leur interpénétration. Mais il faut s’entendre sur le respect qui est un terme à la mode et qui, souvent, n’est qu’une simple revendication individualiste et hédoniste. Partout les gens ont le mot respect à la bouche. Demander à ce que l’on soit respecté est légitime. Demander à ce que tous ses désirs le soient, c’est entrer en conflit avec les désirs des autres et, plus grave, avec l’autre tout court. Ce respect là est irrespectueux…

 

 

Le vrai respect est celui qui prend en compte la réalité de la vie en société. Nous devons vivre avec les autres, plus, nous en avons besoin. Dans ce cadre, nous devons être capables d’appréhender notre liberté par rapport à l’égalité et à la solidarité. Car le respect de l’autre commence d’abord dans celui de sa liberté et dans la tolérance à ce qu’il est. Un respect bien évidemment symétrique pour qu’il soit accepté et acceptable. Une fois ce respect accordé, celui de l’être dans sa globalité demande qu’on lui accorde l’égalité des chances et qu’une solidarité effective existe dans une société qui ne peut être équilibrée que si elle prend en compte la diversité de ses membres et qu’elle vient en aide à ceux qui en ont besoin à un moment donné de leur existence.

 

 

De ce point de vue, le respect n’est pas seulement une revendication égoïste mais bien l’élément central qui permet de rendre effectif la liberté, l’égalité et la fraternité. Respecter ne veut pas dire aimer ni même apprécier l’autre mais seulement le reconnaître dans sa dimension humaine et donc lui accorder ce à quoi l’on estime soi-même être en droit de réclamer à cet autre.

 

 

Une France réconciliée, ce sont des Français respectueux les uns des autres, une France où le respect est le fondement du lien social et non une France où la revendication à « ses » droits fait office de citoyenneté.

 

 

 

Alexandre Vatimbella

 

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