La situation actuelle de la France vient d’une crise qui frappe notre pays depuis la fin des années 1970, voire depuis la révolution industrielle. Car cette crise n’est pas uniquement sociale et économique, elle est surtout sociétale. Les Françaises et les Français, inquiets, se sont recroquevillés sur eux-mêmes tout en rejetant une vision dynamique de la France et de l’Europe dans le monde, vision qui bouscule par trop une imagerie traditionnelle et sécurisante de notre pays qui pourtant ne correspond plus du tout à la réalité du XXI° siècle. Ce rejet est d’autant plus fort qu’il s’accompagne, selon une majorité des citoyens, structurellement, d’une crise économique, d’une régression sociale, d’un reflux identitaire et d’une disparition de la « grandeur universaliste » française. foi dans un avenir meilleur.

 

C'est pour cela, j’ai décidé de créer un blog baptisé «  La France Réconciliée  » qui veut  contribuer au débat pour un renouvellement de la démocratie dans le cadre d’une société libérale et sociale qui place l’humain au centre de sa vision.


Alexandre Vatimbella

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 12:08

L’échec de François Bayrou à la présidentielle de 2012 ne remet pas en cause l’existence du Centre et du Centrisme comme on peut l’entendre et le lire ici ou là, dévoilant chez certains leurs souhaits profonds de les voir disparaître, au détriment d’une analyse politique sérieuse.

Même si le leader du Mouvement démocrate avait été encore plus bas, comme en 2002, cela n’aurait pas signifié que cette pensée politique, basée sur des valeurs et des principes forts aurait cessé d’exister d’un coup de défaite électorale, tout aussi dure que celle-ci soit.

Et le Centrisme sera d’autant plus une évidence au moment où une menace plane au-dessus de la démocratie telle que la conçoivent les centristes, au moment où la Gauche et la Droite s’allient ou vont s’allier, s’identifient ou vont s’identifier avec leurs extrêmes et mener des politiques démagogiques et dangereuses.

Car, ne nous méprenons pas. Le Centre et le Centrisme ont toujours refusé les extrêmes, ceux qui ont fait de leur fonds de commerce, la haine de l’autre et qui, dans leurs gènes, portent le refus de la démocratie républicaine libérale issue des révolutions britannique, américaine et française.

Rappelons-nous également que c’est une des raisons pour lesquelles les centristes ont été les principaux promoteurs et constructeurs de l’Union européenne.

Que François Hollande s’allie sans aucun état d’âme avec le Front de gauche porté par le Parti communiste et reçoive sans sourciller les voix du Nouveau parti anticapitaliste et même, de manière moins directe, celles de Lutte ouvrière, ne correspond pas aux valeurs et à la vision politique du Centre.

Que Nicolas Sarkozy parle du Front national comme d’un parti comme les autres, que ses lieutenants commencent à parler d’accords électoraux pour les prochaines législatives, voilà qui est plus qu’inquiétant pour les centristes.

Le Centre, dans un moment mouvementé et tourmenté de notre histoire, où nous cherchons des réponses pour notre présent et face à notre avenir, doit être cet indispensable phare humaniste et indépendant qui mette en avant la liberté, le respect, la tolérance et la solidarité.

Il doit refuser les discours de haine mais aussi les discours irresponsables qui nient la réalité des problèmes à régler et se réfugient dans une vision étriquée de la France, refermée sur elle-même, rabougrie dans la défense de son «modèle social» qui prend l’eau de partout et a un besoin urgent d’être modernisé.

Il doit rechercher ce consensus porté par une majorité de Français auquel, malheureusement, les partis centristes sont été incapables de s’adresser jusqu’à présent avec un discours crédible tout en ne tombant pas dans la facilité rhétorique comme l’a trop montré la campagne présidentielle du premier tour.

Le Centre porte en lui la belle idée d’une société humaniste. Le Centrisme porte en lui les valeurs essentielles pour faire vivre la liberté et la solidarité. Et le Centre et le Centrisme sont au cœur de cette valeur incontournable pour un vrai mieux vivre ensemble, le respect.

Restent aux centristes à se montrer à la hauteur de cette vision politique. Restent aux centristes à être des hommes et des femmes responsables.

 

Alexandre Vatimbella

 

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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 02:00

 

Le constat est sans appel: la défaite de François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle est cuisante.

Mais elle n’est pas une surprise.

Le score, néanmoins, du président du Mouvement démocrate est beaucoup plus décevant, sinon que prévu, qu’espéré.

Moins de 10% des voix, c’est bien en-dessous des potentialités du Centre qui se situent entre 15% et 20% de l’électorat.

François Bayrou n’a non seulement pas rassemblé les Français comme il se proposait de le faire mais il n’a même pas réussi à rassembler les électeurs centristes.

Entre 2007 et 2012, la régression est terrible: un pourcentage divisé par deux et plus de trois millions d’électeurs perdus.

Pas étonnant, alors que le politologue Edouard Lecerf de l’institut TNS-SOFRES ait qualifié sa candidature de «troisième ordre».

Et cette défaite cuisante vient après deux précédents échecs en 2002 et en 2007.

Le Centre sera donc, une nouvelle fois, un spectateur lors du second tour.

Mais, à l’inverse de ce qu’il a été en 2007, il doit absolument être un spectateur engagé afin d’être un acteur du troisième tour, les élections législatives, ce qui lui permettra d’être un courant politique qui compte lors du prochain quinquennat.

Pour cela, il faut que les centristes se rassemblent malgré François Bayrou, c’est-à-dire avec ou sans lui, peu importe.

S’il veut y participer, il doit, enfin, jouer collectivement et éviter de penser uniquement à son propre destin.

Ce rassemblement est celui de l’urgence pour sauver d’abord les meubles et éviter le naufrage.

Ensuite, il sera temps de construire le rassemblement dans la durée et autour d’un projet consistant et d’une dynamique collective qui ne sera pas seulement tournée vers une seule ambition personnelle.

La tâche doit commencer dès maintenant par des rencontres entre les différents responsables des partis centristes pour que ceux-ci soient en mesure de présenter des candidatures communes aux élections législatives.

C’est le travail le plus urgent.

Mais rien n’empêche, non plus, que des discussions s’engagent sur une vision du plus long terme.

Et c’est maintenant que l’on va voir ceux qui ont vraiment envie que le Centre et le Centrismes existent dans le paysage politique français et aient un véritable poids.

Oui, mesdames et messieurs les centristes, au boulot. Tout de suite. Et tous ensemble!

 

Alexandre Vatimbella

 

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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 14:23

François Bayrou promet des sueurs et des larmes pour les années à venir. S’il n’a pas tout à fait tort sur les efforts que la France doit accomplir pour retrouver son dynamisme et une compétitivité indispensable à l’ère de la mondialisation, ses constantes références au passé posent un réel problème pour tous ceux qui se disent des centristes.

Se réfugier dans la vision d’un pays d’il y a cinquante ans, voire plus, en évoquant le Gaullisme de 1958 ou le Conseil national de la Résistance de 1943, voilà qui manque de ce souffle indispensable tourné vers demain et non hier dont parlait Jean Lecanuet en 1965 et Valéry Giscard d’Estaing en 1974.

Discourir principalement sur un produire et un consommer français, ressusciter le Commissariat au Plan (même si on le rebaptise), exalter ainsi un nationalisme de réaction face à un monde qui semble vous dépasser, comme s’il était possible de remonter le temps, de réinstaller un protectionnisme et une dirigisme économique qui coûtèrent tant de retard dans le développement du pays alors qu’il faudrait se projeter sur une intégration fédérale européenne dont tous les politiques – principalement les centristes - savent depuis des années qu’elle est la seule planche de salut pour la France mais également pour tous ses partenaires de l’Union européenne, ce n’est pas construire le futur mais refuser le monde tel qu’il est et d’agir sur celui-ci au lieu de se retrancher dans une résistance au progrès.

Que la Droite conservatrice porte ce message rétrograde en accord avec l’extrême-droite, que la Gauche arcboutée sur les situations acquises s’en accommode, que les écologistes recherchent à remonter le temps vers un jardin d’Eden illusoire, c’est leurs droits, c’est même dans leurs codes génétiques.

Mais le Centrisme, lui, n’a jamais été et ne sera jamais un passéisme nostalgique mais un progressisme prometteur. Sa vision a toujours été tournée vers l’avenir. Son action s’est toujours préoccupée du présent pour le réformer et l’adapter au réel et non pour revenir en arrière. Cela vient de son double héritage libéral et humaniste.

Et c’est parce qu’il se positionnera comme une pensée libérale et humaniste qui regarde devant que le Centrisme séduira les électeurs qui veulent autre chose que les idéologies poussiéreuses de la Droite et de la Gauche. Et c’est grâce à se positionnement, que le Centre sera capable d’insuffler une dynamique pour le bien du pays.

Si l’on veut convoquer l’Histoire à des fins positives, rappelons que celle-ci n’a jamais été un long fleuve tranquille et que les situations acquises indéfiniment sans se battre pour les conserver n’ont jamais existé. Ceux qui ont cru ou qui ont pensé qu’il pouvait en être autrement en érigeant des murs, des barrières et des fossés soi-disant hermétiques pour se préserver d’un monde extérieur, ont souvent conduit leurs pays et le monde à des catastrophes que personne ne souhaite revoir.

C’est en allant de l’avant avec une énergie positive et une volonté de réforme sans faille que les centristes savent que l’on peut sortir des difficultés actuelles. Non en se barricadant. Et leur honneur, c’est de faire passer ce message à une population anxieuse et doutant du lendemain. Non en caressant dans le sens du poil ses angoisses.

 

Alexandre Vatimbella

 

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 13:03

Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment envie que François Bayrou soit son premier ministre? Au fond de lui-même, on peut en douter. Mais, nécessité faisant loi, il a absolument besoin de le prétendre pour s’accaparer les voix du Centre qui se porteront sur le leader du Mouvement démocrate au premier tour pour avoir une chance de l’emporter face à François Hollande.

Et il doit faire la drague au candidat du Mouvement démocrate afin de tenter d’équilibrer son positionnement électoral face à des déclarations extrêmement clivantes et sensées lui apporter les voix du Front national qui ont rebuté nombre d’électeurs centristes.

Ceux-ci, en effet, doutent encore fortement de leur appui le 6 mai prochain au président sortant, comme le montre les récents sondages.

Néanmoins, admettons que Nicolas Sarkozy nomme François Bayrou après la présidentielle si, évidemment, il est réélu.

Comment, après avoir porté des projets différents, les deux hommes pourront gouverner ensemble et sur quel programme?

Commençons par le plus simple, le programme d’un gouvernement Bayrou sous présidence Sarkozy.

Il est évident que les programmes électoraux des deux hommes se ressemblent peu ou prou pour nombre de mesures économiques ou sociales. Plus important, leurs philosophies sont assez proches sur les efforts à mener, la vision de la société et même sur des sujets comme l’autorité ou la responsabilité individuelle.

On peut même penser que sur des sujets qui les opposent actuellement comme, par exemple, la dose de solidarité dont doit faire preuve la société envers les plus démunis, des compromis peuvent être trouvés.

Il n’est donc pas aberrant d’affirmer qu’un centriste pourrait devenir le premier ministre d’un président de droite en s’appuyant sur les points de convergences programmatiques.

Mais voici le plus compliqué, les relations entre les deux hommes ou, plus fondamental, la différence avec laquelle ils envisagent la manière de gouverner qui est parfois aussi importante que les mesures que l’on prend.

Pendant quatre ans (un peu moins cette dernière année) les propos peu amènes et répétés de François Bayrou sur Nicolas Sarkozy ont démontré un vrai clivage dans ce domaine.

Dès lors, comment François Bayrou pourrait accepter d’être le premier ministre d’un président bling-bling, au discours clivant, au comportement agressif et fonctionnant autour d’un clan, comme le prétend le leader du Mouvement démocrate?

D’autant qu’il y la façon dont Sarkozy a envisagé pendant cinq ans la répartition des rôles avec son premier ministre, François Fillion, qu’il a qualifié de «collaborateur», se mettant constamment en avant et limitant son action.

Bayrou pourra-t-il accepter de n’être qu’un premier ministre sans réel pouvoir et que tout se décide à l’Elysée?

Et puis, se surajoute le problème Bayrou-UMP.

Comment, en effet, le leader du Mouvement démocrate pourrait s’accommoder d’être sous la coupe de l’UMP (d’autant que le nombre de députés du Mouvement démocrate dans la prochaine Assemblée nationale sera peu important)?

Comment, surtout, cette même UMP pourrait accepter de voir un centriste, qui plus est très critique sur le parti de droite depuis cinq ans et même depuis sa création, il y a dix ans, être le titulaire d’un poste si convoité?

Ceux qui voient bien le tandem Sarkozy-Bayrou à la tête de l’Etat citent les exemples de couples improbables Georges Pompidou / Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d’Estaing / Jacques Chirac ou François Mitterrand / Michel Rocard pour affirmer que des hommes en concurrence, voire en opposition, peuvent gouverner ensemble.

C’est oublier que Pompidou et Chaban ainsi que Mitterrand et Rocard appartenaient au même parti. Et c’est oublier que Chirac avait soutenu Giscard dès le premier tour de la présidentielle. Rien de tout cela entre Sarkozy et Bayrou.

Du coup, la nomination de François Bayrou comme Premier ministre par Nicolas Sarkozy apparait comme hautement improbable au jour d’aujourd’hui. Sauf que, en politique, l’impossible d’hier devient souvent le possible de demain!

Et n’oublions pas qu’occuper la fonction de Premier ministre n’est évidemment pas rien dans la carrière d’un homme politique. En France, elle est juste en-dessous de celle de Président de la république.

Etre à Matignon, pour quelqu’un qui veut peser sur le cours de l’Histoire de son pays est bien mieux que de demeurer isolé au siège de son petit parti, rue de l’Université en ruminant sur un score qui s’annonce très décevant le 22 avril!

Alexandre Vatimbella

 

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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 12:00

Selon toute vraisemblance, il n’y aura pas de président centriste à la tête de la France le 6 mai au soir. Et, selon toute vraisemblance, il n’y aura pas, non plus, une majorité centriste à l’Assemblée nationale, le 17 juin au soir.

Il est donc temps, pour tous ceux qui défendent le Centrisme, de penser à ce que doit être l’avenir d’un Centre régénéré pour les cinq ans à venir.

Indépendamment de qui va gouverner, le Centre doit absolument s’atteler à une (re)construction qui n’a pas pu avoir lieu ces cinq dernières années pour des problèmes de personnes et des ambitions personnelles qui ont bloqué tout processus politique dans ce sens.

Cela passe par la création d’une structure qui réunisse d’une manière ou d’une autre les diverses tendances centristes.

De même, il faut qu’émerge une nouvelle génération de dirigeants centristes, capables de tirer un trait sur un passé décevant et se projeter vers un futur en insufflant une dynamique indispensable pour séduire les Français.

Et il faut que cela aboutisse à l’élaboration d’un vrai projet centriste de société, bien ancré dans notre XXI° siècle.

L’important est de ne pas rater le rendez-vous qui s’annonce. Non pas pour les centristes, ni même pour un fétichisme du Centre. Mais pour la France.

Lancer cet appel à la refondation du Centre, aujourd’hui, alors que deux élections sont en cours (présidentielle et législative) est une nécessité pour éviter la fuite en avant et une certaine irresponsabilité qui pourraient animer les responsables d’une situation qui était claire avant le début de la campagne électorale, claire pendant cette campagne et qui sera tout aussi claire après: les centristes ne sont pas crédibles aux yeux des Français pour gouverner le pays et ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, collectivement.

A eux d’en tirer les conclusions car, oui, la France a toujours besoin d’une politique centriste du juste équilibre.

 

Alexandre Vatimbella

 

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