Mardi 30 janvier 2007

Il existe entre le centrisme, l’union nationale, le gouvernement au centre et le gaullisme de très grandes différences qu’il convient de ne pas oublier sauf à vouloir diluer cette pensée politique et la rendre fade. L’union nationale permet de réunir des personnes qui pensent différemment mais qui s’unissent à un moment critique du pays pour gouverner ensemble autour d’un consensus sur des politiques précises à mener dans le cadre démocratique. Gouverner au centre, c’est faire en sorte de gouverner prudemment en essayant de faire le moins de vague possible. Quant au Gaullisme, c’est un nationalisme social. Le Centrisme n’est ni l’union nationale comme veulent le faire croire certains, ni un gouvernement au centre comme voudraient le réduire d’autres et encore moins un nationalisme car sa volonté est d’unir toutes les personnes, il a une vocation universaliste qui n’est pas celle du Gaullisme. Le Centrisme est une pensée politique autonome qui ne grappille pas ses idées tantôt à gauche ou à droite, ni qui édulcore les mesures de droite et de gauche. Le Centrisme n’est pas « modéré », il est, au contraire dynamique en ce qu’il propose une vision forte de la politique qui est de mener une politique de juste équilibre afin de renforcer le lien social tout en s’appuyant sur les fondamentaux de la vie en société.

 

Centrisme et union nationale : le Centrisme n’est pas antinomique avec l’union nationale puisque son but est de rassembler tous les citoyens en leur offrant le meilleur consensus possible, c’est-à-dire le meilleur de ce chacun peut obtenir dans une société d’intérêts personnels divergents. Mais, tout courant politique n’est-il pas pour l’union nationale à condition que ce soit sur ses valeurs et ses propositions ?! Dès lors, le Centrisme n’a pas vocation à représenter l’union nationale. Son projet est de réunir les femmes et les hommes autour de valeurs centristes et non de valeurs de gauche et de droite. Ramener le centrisme à l’union nationale, c’est démontrer qu’il n’a pas de pensée propre et de valeurs propres mais que, justement, l’union nationale lui permet de se réapproprier les idées de droite et de gauche. Evidemment, on peut estimer que le temps est à une union nationale conjoncturelle, c’est-à-dire que les défis qui se présentent à nous demandent un large consensus, comme l’allongement du temps de travail ou la lutte contre la pollution par exemple. Mais cette union nationale doit alors se faire après une élection dans une négociation dialectique entre les différentes visions politiques et non a priori dans un unanimisme réducteur et dangereux car fourre-tout.

 

Centrisme et gouvernement au centre : le Centrisme a évidemment pour vocation de gouverner au centre mais parce que son projet et son programme sont centristes et non parce qu’il doit, après une élection, faire son aggiornamento centriste comme c’est le cas, à chaque fois, pour la gauche et la droite. De même, le Centre se doit d’être « prudent » au sens que lui donner Aristote, c’est-à-dire en étant responsable et en faisant en sorte de ne pas se jeter dans un aventurisme débridé qui coûte cher à toute la collectivité. En revanche, le Centrisme, se sont des valeurs fortes qui n’ont pas besoin d’être édulcorées après chaque élection car elles ne sont pas démagogiques. Le Centrisme est pragmatique et non démagogique. Le Centrisme n’est donc pas un « gouvernement au centre » mais un « gouvernement du Centre » et cela change tout !

 

Centrisme et gaullisme : Quant au gaullisme, il est avant tout un nationalisme. De ce point de vue, il veut réunir la population dans une sorte d’union nationale durable autour des notions de nation et de chef charismatique et non sur un programme politique d’équilibre même si le gaullisme a agrégé des gens de gauche et de droite et qu’il s’est revendiqué comme capitalisme social (De Gaulle, ne l’oublions pas, fut démocrate chrétien au sortir de la Première guerre mondiale).

 

Le Centre est une pensée politique originale

 

Il faut dire et redire que le Centre c’est une pensée politique originale : le Centrisme. Le Centre doit donc se battre sur ses couleurs, c’est ce qui fait son originalité, son intérêt et se dignité. Bien sûr, nous savons que dans une élection ce n’est pas le projet ni le programme qui font élire un candidat. Cependant, c’est une vision politique et des valeurs. Or, le Centrisme a une vision politique et des valeurs consensuelles qui lui permettent de pouvoir séduire et réunir une majorité d’électeurs. Bien sûr, pour cela, encore faut-il promouvoir cette vision politique et ces valeurs, c’est-à-dire la culture centriste.

 

La culture centriste a pour vocation de réconcilier les Français avec eux-mêmes et avec leur ambition de construire une communauté apaisée, ouverte et recherchant le bien être de chacun de ses membres. La culture centriste c’est réconcilier la France avec elle-même, avec l’Europe et lui redonner cette confiance indispensable aux femmes et aux hommes qui la compose dans toutes leurs diversités pour bâtir un monde meilleur. Une tâche exaltante parce que celle-là est du domaine du possible.

 

Alexandre Vatimbella

 

par Alexandre Vatimbella publié dans : lafrancereconciliee
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Commentaires

Le gaullisme de Sarkozy : zéro pointé !
 
 
C'est clair pour le commun des mortels. Nicolas Sarkozy utilise le général de Gaulle pour redorer son blason.
Profitant de l'inauguration de l'Historial Charles de Gaulle ce vendredi 22 février, le Président de la République s'est octroyé une "parenthèse gaulliste" comme aiment à le faire remarquer les médias qui ont couvert l'évènement.
"Ce n'est pas le moindre des paradoxes de l'histoire de notre pays que d'avoir unanimement célébré la mémoire du grand homme alors que tout au long de son existence sa légitimité fut contestée" précise dans son allocution Nicolas Sarkozy, pensant ainsi positiver l'effondrement vertigineux de sa popularité dans les sondages d'opinion.
 
Mais, faut-il le rappeler, la légitimité du Général n'a jamais été contestée que par ses éternels adversaires des "féodalités" que le fondateur de la Vème république vilipendait dans le monde politique et syndical.
En toute occasion, et toujours, le général de Gaulle a bien pris soin d'emporter le soutien du peuple souverain. Battu le 27 avril 1969 lors du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il a mis immédiatement un terme à son mandat. Une leçon de démocratie que nos élites politiques actuelles devraient méditer !
 
Nicolas Sarkozy peut affirmer sans cesse, et comme une excuse à sa trahison, que nul ne peut prétendre savoir ce que le Général dirait aujourd'hui de la situation de la France, mais il ne saurait ignorer ce que le fondateur de la Vème république a toujours refusé : mettre en œuvre une politique sans l'adhésion des Françaises et des Français.
 
J'ai souvent eu l'occasion d'émettre ici des réserves, bien plus, des critiques sur les initiatives et actions du Président Chirac : cohabitation, quinquennat, construction européenne, pour ne citer que les plus criantes. En revanche, j'ai pu apprécier à sa juste valeur la position qu'il a défendue dans l'affaire irakienne malheureusement toujours d'actualité. De même, s'il n'a pas tiré toutes les conséquences de son échec référendaire le 29 mai 2005 sur le traité établissant une constitution européenne, laisser le peuple se déterminer souverainement après un large débat contradictoire peut être mis à son actif.
 
Aussi :
- la politique "show-biz" du locataire actuel de l'Elysée et ses égarements verbaux de plus en plus nombreux dénaturent la fonction présidentielle ;
- la ratification du protocole européen de Lisbonne par les seuls parlementaires, véritable coup de force contre les Français, entame gravement sa légitimité ;
- l'alignement inconditionnel de sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis met, en conséquence, un terme à la politique d'indépendance initiée par le général de Gaulle et poursuivie jusqu'aujourd'hui par ses successeurs ;
- sa volonté maintes fois affirmée d'intégrer les forces militaires françaises dans les structures de l'Otan contrairement à ce que le Général a décidé le 7 mars 1966 en sortant la France du commandement de l'Otan et en exigeant la fermeture immédiate des bases US sur le territoire national ;
- la transformation de notre propre texte fondamental qu'il nous concocte à partir du rapport Balladur, rompant les équilibres de nos institutions qui font la force de la constitution gaullienne ;
 
... représentent tant de ruptures profondes avec le gaullisme authentique qu'il m'arrive, chaque jour un peu plus, à regretter néanmoinsla présidence de Jacques Chirac.
 
 
Alain KERHERVE
 
commentaire n° : 1 posté par : Kerherve (site web) le: 26/02/2008 11:19:49

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