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Si l’on estime, au jour d’aujourd’hui, que François Bayrou n’a que peu de chances d’accéder au second tour de la présidentielle (mais cela peut évidemment changer d’ici à avril 2012), on peut se demander pour qui il appellera à voter lors de ce duel. Pour François Hollande? Pour Nicolas Sarkozy? On exclut évidemment ici la présence de Marine Le Pen, car si ce cas de figure existe, il appellera à voter pour son adversaire, quel qu’il soit.

Cette question n’est pas anodine car, d’une part, François Bayrou a dit lui-même que cette fois-ci, à l’inverse de 2007 où il n’avait donné aucune consigne de vote à son électorat, il appellerait à voter pour un des deux candidats encore en lice.

De même, d’autre part, Hervé Morin n’arrête pas d’affirmer, pour mieux le rejeter hors du Centre, que son choix est déjà fait et que celui-ci est François Hollande (celui de Morin est déjà Sarkozy, mais là, c’est lui-même qui le dit!).

Nous avons déjà expliqué ici qu’au vu des sondages et de la situation politique (mais tous peut également changer dans les six mois à venir), François Bayrou concourt pour être l’adversaire au second tour de François Hollande tant il semble évident que le candidat du Parti socialiste semble être assuré, à l’heure actuelle, d’être un des deux élus du premier tour.

Dès lors, il doit se positionner face à Nicolas Sarkozy en essayant de capter son électorat positionné au centre-droit et dans des mouvances de droite modérée.

D’où une difficulté, s’il n’est pas présent au second tour, à appeler à voter pour François Hollande.

Cependant, ses critiques pendant cinq ans sans discontinuer (sauf ces derniers mois, ce qui peut être une indication) de Nicolas Sarkozy rendent également difficile l’appel au vote du président sortant.

Pourtant, comme il a dit qu’il en choisirait un, il faudra bien qu’il se décide…

Si le schéma d’une place à prendre pour affronter Hollande au second tour se confirme, François Bayrou aura du mal, pour demeurer crédible, d’appeler à voter pour le candidat socialiste.

Et il aura tout à gagner (des places intéressantes au gouvernement et un accord pour les législatives) en se rapprochant de Nicolas Sarkozy.

D’autant que François Hollande ne pourra pas forcément lui proposer autant que le président sortant puisqu’il devra compter sur les Verts et le Front de gauche, à qui il devra faire d’importantes concessions (sauf s’il les lamine mais même dans ce cas là, il aura besoin de leur voix malgré tout)

Dès lors, en cette mi-octobre 2011, Hervé Morin a sans doute tort d’affirmer que François Bayrou appellera certainement à voter pour François Hollande.

Et puis, in fine, tout dépendra du score du président du Mouvement démocrate. S’il dépasse les 15%, sa parole comptera. S’il est plus proche des 5%, celle-ci portera peu. Car entre faiseur de roi et rallié parmi tant d’autres, il y a un océan d’influence…

 

Alexandre Vatimbella

 

Voir le site Le Centrisme

Tag(s) : #politique

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