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Il y a quelques jours, la presse enterrait Barack Obama qui venait d’essuyer un échec cinglant à Copenhague où le Comité olympique international, pour se venger du Comité olympique national américain avait écarté la candidature de Chicago pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2016 au premier tour de scrutin. Selon elle, la magie Obama était bien terminée et sa présidence allait sombrer dans la médiocrité. Le voilà maintenant Prix Nobel de la Paix à peine neuf mois après sa prise de fonction à la Maison Blanche et ressuscité, renaissant de ses cendres tel un phénix! Bien sûr, de nombreux commentateurs, comme Obama lui-même d’ailleurs, s’étonnent qu’il ait reçu ce prix si vite alors qu’aucune de ses politiques n’a encore donné les résultats escomptés. Cependant, le comité du Prix Nobel a expliqué que personne d’autre que lui n’avait œuvré autant pour la paix que le Président américain cette dernière année. Et il est vrai que Barack Obama a parlé de paix, de dialogue, de monde dénucléarisé, de concertation mondiale et de droits de l’homme. De ce point de vue, sa récompense semble méritée d’autant qu’il est le Président de la première puissance mondiale et que ses propos peuvent être traduits réellement en actes.
Mais celle-ci ne va sans doute pas telle une baguette magique lui permettre de boucler facilement sa réforme du système de santé américain ni le dilemme de l’engagement des troupes en Afghanistan dans une guerre nécessaire mais que personne ne sait comment faire pour la gagner. Sans oublier la montée du chômage, la bombe iranienne et quelques autres dossiers brûlants.
De nombreuses voix se sont fait entendre ces derniers temps pour estimer que Barack Obama n’avait pas les épaules assez larges pour traiter de tous ces problèmes et que, peut-être, il n’était pas celui que l’on croyait. Celui que ces «on» croyait qu’il était ressemblait fort à… Dieu! Il faut réécouter ou relire beaucoup de ceux qui mettent en doute aujourd’hui ses capacités quand ils faisaient l’apologie béate et ridicule d’un homme qu’ils ne connaissaient même pas mais dont «on» devait dire qu’il allait tout changer aux Etats-Unis et dans le monde pour être dans le coup...
Barack Obama changera peut-être profondément les choses, et aux Etats-Unis, et dans le monde mais de tout cela on ne pourra le savoir qu’à la fin de son travail dans trois ou sept ans. En attendant, au lieu de scruter tous ces échecs le matin en se levant (comme ils scrutaient auparavant tous ces succès), nos «grands commentateurs» qui sont aussi critiques qu’ils avaient été dithyrambiques devraient faire quelque introspection car la flagornerie autant que la critique sont faciles, seule l’action est difficile comme l’expliquait un prédécesseur de Barack Obama, Théodore Roosevelt.
Laissons du temps à Barack Obama avant d’émettre des opinions définitives sur son action. Cependant, le Président américain n’a jamais et ne sera jamais un homme parfait. Et, d’ailleurs, il ne le prétend pas. Durant la campagne électorale face d’abord à Hillary Clinton puis face à John McCain, il a montré quelques limites et quelques insuffisances dont il avait été fait état ici. De même, il n’est pas ce Messie pur et désintéressé venu sauver le monde mais un homme politique avec une très grande confiance en lui-même et avec une ambition démesurée. SI tel n’avait pas été le cas, il ne serait pas où il est aujourd’hui.
Mais quelques soient ses défauts et ses insuffisances, tout autant que ses qualités et ses points forts, ils ne peuvent seuls le qualifier. Ce sont uniquement ces actes et ses réalisations qui nous en diront un peu plus. Gageons que les «grands commentateurs» ne seront pas capables d’attendre et que, d’un côté ou d’un autre, ils continueront à juger quotidiennement Barack Obama. C’est dommage. La seule chose positive c’est qu’heureusement, eux, ils ne sont pas au pouvoir!
Alexandre Vatimbella

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