La situation actuelle de la France vient d’une crise qui frappe notre pays depuis la fin des années 1970, voire depuis la révolution industrielle. Car cette crise n’est pas uniquement sociale et économique, elle est surtout sociétale. Les Françaises et les Français, inquiets, se sont recroquevillés sur eux-mêmes tout en rejetant une vision dynamique de la France et de l’Europe dans le monde, vision qui bouscule par trop une imagerie traditionnelle et sécurisante de notre pays qui pourtant ne correspond plus du tout à la réalité du XXI° siècle. Ce rejet est d’autant plus fort qu’il s’accompagne, selon une majorité des citoyens, structurellement, d’une crise économique, d’une régression sociale, d’un reflux identitaire et d’une disparition de la « grandeur universaliste » française. foi dans un avenir meilleur.

 

C'est pour cela, j’ai décidé de créer un blog baptisé «  La France Réconciliée  » qui veut  contribuer au débat pour un renouvellement de la démocratie dans le cadre d’une société libérale et sociale qui place l’humain au centre de sa vision.


Alexandre Vatimbella

Samedi 21 novembre 2009

«Mieux» devient à la mode en politique et à tendance à remplacer «plus». Ce n’est pas pour déplaire aux centristes qui ont toujours été des adeptes inconditionnels du «mieux» face au «plus». Car le «mieux» ressort d’une expertise politique cohérente et responsable alors que le «plus» n’est souvent issu que d’une arrière-pensée électoraliste où l’on prend des mesures populistes afin de contenter superficiellement et conjoncturellement des groupes dont on veut s’attacher les faveurs  au préjudice de la communauté.
Beaucoup d’hommes et de femmes politiques font souvent croire qu’en donnant «plus» on fait «mieux». Or, non seulement c’est une solution de facilité mais c’est un principe totalement erroné. Non pas que «plus» ne soit pas parfois justifié mais «mieux» est toujours plus pertinent. Car si «plus» ne signifie pas toujours «mieux», «mieux» signifie toujours «plus», c’est-à-dire une avancée positive de la situation que l’on veut améliorer. Dès lors, avant de donner «plus», il faut s’atteler à faire «mieux».
Bien évidemment, il ne faut pas faire une mauvaise interprétation de l’opposition entre «mieux» et «plus». Le «mieux» inclut toujours le «plus», c’est-à-dire une valeur ajoutée alors que le «plus» n’inclut pas forcément le «mieux» c’est-à-dire une amélioration qualitative et, in fine, une quelconque amélioration.
Une des meilleures analogies pour expliquer la différence fondamentale entre ces deux concepts vient de notre alimentation. Manger plus n’améliore pas toujours la santé alors que manger mieux, oui.
Mais on aussi en prendre d’autres. Gagner plus d’argent n’a pas beaucoup d’intérêt si, en même temps, les impôts et l’inflation augmentent et grignotent de pouvoir d’achat. Ce dernier peut donc s’améliorer en gagnant mieux, c’est-à-dire si l’augmentation des revenus se déroule dans une situation économique et fiscale est stabilisée. Ainsi, on peut se permettre de faire une augmentation de salaire moindre tout en faisant une augmentation du niveau de vie plus importante.
De même pour les dépenses publiques. Dépenser mieux, c’est dépenser le juste prix pour le meilleure résultat possible et non dépenser le plus qui aboutit souvent à une gabegie.
En matière de maladie, ce n’est pas plus de soins qui est la principale recherche d’un système de santé efficace mais de donner de meilleurs soins qui permettent de vaincre au mieux l’affection. Certains diront que pour avoir de meilleurs soins, il faut plus de soins. C’est totalement faux. Si les soins uniquement utiles étaient d’une qualité optimum, on n’aurait pas besoins d’en donner plus qu’il n’en faut. Or, c’est parce que la qualité fait parfois défaut que l’on est obligé de donner plus de soins afin de palier à la déficience qualitative.
Autre exemple, ce n’est pas en construisant le plus de kilomètres d’autoroutes que l’on rend la communication entre les différentes régions du pays meilleure mais en organisant au mieux le réseau routier ce qui ne passe pas forcément par un allongement du réseau autoroutier.
Dans la gestion de l’appareil étatique, ce n’est pas de recruter le plus de fonctionnaires possible mais de mieux les recruter, de mieux les former, de mieux définir leur mission et de mieux leur assurer la possibilité de faire leur travail au mieux qui permet de l’optimiser en matière de ressources humaines.
Du coup en faisant mieux, on donne plus à la population en termes de qualité de vie et d’efficacité tout en évitant de jeter l’argent par les fenêtres.
Le Centrisme a toujours préféré le «mieux» au «plus» parce qu’il sait que l’organisation et la gestion de la société doit se faire d’abord sur des critères qualitatifs et non quantitatifs. Ainsi, une politique doit d’abord définir ce qui est mieux avant de donner plus. Or, souvent, on donne plus en essayant en ensuite de faire en sorte que ce soit mieux. Une erreur qui aboutit à un gaspillage et à un mécontentement de ceux qui en pensant avoir plus espéraient être mieux ce qui n’est pas le cas.
Le principe même du juste équilibre, pierre angulaire du Centrisme est de faire «mieux» pour tous face aux extrémismes de droite et de gauche qui prônent le «plus» pour leurs clientèles électorales.
Le théorème «plus n’amène pas forcément un mieux alors que mieux est forcément un plus» dont nous avons parlé plus haut doit donc guider l’action de ceux qui se réclament du Centrisme. Bien évidemment, le «mieux» nécessite la mise en place d’expertises ainsi que de règles de bonne gouvernance. Car il ne doit surtout pas devenir un cache-misère où on prônerait une qualité hypothétique pour éviter de faire la juste dépense.

Alexandre Vatimbella

Par Alexandre Vatimbella
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Samedi 24 octobre 2009

Au moment où le Centrisme est, en France, morcelé mais où se déroule, dans le même temps, une importante et passionnante expérience centriste aux Etats-Unis avec Barack Obama en mettre d’œuvre, il est bon de se demander ce qu’est être un Centriste aujourd’hui en ce début de XXI° siècle. Cela apporte, en outre, quelques éclaircissements salutaires sur les fausses postures et les vraies convictions en la matière.
En préambule, il est important de rappeler que toute personne se réclamant du Centrisme veut évidemment que la communauté dans laquelle il s’investit (quartier, ville, région, pays, humanité,…) réussisse et, ce, au-delà des étiquettes politiques, au-delà des moyens mis en place. Car le Centriste est un pragmatiste qui est convaincu qu’il faut constamment s’adapter aux situations économique, sociale, politique et sociétale présentes. Cela ne veut évidemment pas dire que le Centriste est une girouette qui change de vision de la société comme de chemise. Bien au contraire, il est sûr de sa vision sous-tendue par ses valeurs qui ne varient pas au gré des circonstances. C’est sur ces valeurs qu’est assis son pragmatisme. Et c’est justement parce qu’il est sûr de ses valeurs que le Centriste n’a pas besoin d’être dogmatique pour les défendre. Car si on ne peut faire fi de la réalité, l’on peut, en la prenant en compte, agir efficacement pour réformer la société. C’est évidemment un travail plus ingrat que de faire de belles envolées lyriques en annonçant le grand soir et le paradis sur terre, promettant tout et n’importe quoi tout en sachant qu’on ne pourra jamais tenir ses promesses.
Etre Centriste en ce nouveau millénaire est donc prendre en compte la réalité de la vie. Mais c’est aussi avoir des valeurs fortes qui guident son action politique et sa vision de la société. Ces valeurs sont le respect de l’autre, la tolérance de l’autre et la solidarité avec l’autre et la liberté pour tous. Toute action réellement centriste prend en compte ces quatre dimensions. C’est d’ailleurs pour cette raison que le principe politique du Centriste est le juste équilibre et que le comportement d’un Centriste est un juste équilibre.
Mais ces valeurs et ce principe, le Centriste l’applique en rapport avec une réalité de l’existence et sur l’analyse du fonctionnement de la société. C’est ainsi que le Centriste est un libéral-social car il sait que la société ne peut être que libérale au niveau de son fonctionnement politique, social, économique et sociétal, c’est-à-dire que le principe de liberté doit s’y appliquer prioritairement parce que, d’une part, il s’agit de promouvoir la personne humaine dans son individualité et son appartenance au groupe et que, d’autre part, celle-ci est la composante essentielle d’un développement rationnel et efficace de la société. Mais le Centriste n’oublie pas que la liberté n’est rien d’autre qu’une loi de la jungle si elle n’est pas associée au respect de l’autre, à la tolérance de l’autre et s’il n’est solidaire de l’autre.
En ce début de XXI° siècle, le Centriste doit donc construire le monde en sachant que la liberté n’est pas un dû mais qu’elle a un prix qui est celui de la volonté et du courage. Ce monde, il sait qu’il est inégalitaire et qu’il le restera toujours mais qu’il peut y apporter des correctifs pour aider ceux qui sont dans le mauvais wagon tout en laissant ceux qui sont dans le bon œuvrer pour eux-mêmes et la communauté tout entière. Un monde qui vit au rythme de la mondialisation du commerce qui vaut mieux que la mondialisation de la guerre (le commerce tue la guerre et inversement) mais aussi sous la menace de conflits, de pandémies et de la destruction de l’environnement. Il sait donc que la croissance est nécessaire mais qu’elle ne signifie pas «toujours plus» mais «toujours mieux». Un monde où la construction d’un vrai et fort lien social permettant l’épanouissement de tous pour le bien de chacun est la tâche principale. Un lien social dont la base est la primauté de l’être humain.
Le Centriste du XXI° siècle comme celui des siècles précédents est une personne responsable de sa vie et de sa communauté dont la vision politique est de bâtir une société où tout le monde peut se sentir utile et où personne n’est laissé sur le bord de la route. Mais cela est un combat quotidien car, dans le monde, aucune situation n’est jamais acquise. Et, ça, le Centriste en est parfaitement conscient et son adaptation à ce monde en perpétuel changement est une de ses principales qualités.
Alexandre Vatimbella


Par Alexandre Vatimbella
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Vendredi 9 octobre 2009
Il y a quelques jours, la presse enterrait Barack Obama qui venait d’essuyer un échec cinglant à Copenhague où le Comité olympique international, pour se venger du Comité olympique national américain avait écarté la candidature de Chicago pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2016 au premier tour de scrutin. Selon elle, la magie Obama était bien terminée et sa présidence allait sombrer dans la médiocrité. Le voilà maintenant Prix Nobel de la Paix à peine neuf mois après sa prise de fonction à la Maison Blanche et ressuscité, renaissant de ses cendres tel un phénix! Bien sûr, de nombreux commentateurs, comme Obama lui-même d’ailleurs, s’étonnent qu’il ait reçu ce prix si vite alors qu’aucune de ses politiques n’a encore donné les résultats escomptés. Cependant, le comité du Prix Nobel a expliqué que personne d’autre que lui n’avait œuvré autant pour la paix que le Président américain cette dernière année. Et il est vrai que Barack Obama a parlé de paix, de dialogue, de monde dénucléarisé, de concertation mondiale et de droits de l’homme. De ce point de vue, sa récompense semble méritée d’autant qu’il est le Président de la première puissance mondiale et que ses propos peuvent être traduits réellement en actes.
Mais celle-ci ne va sans doute pas telle une baguette magique lui permettre de boucler facilement sa réforme du système de santé américain ni le dilemme de l’engagement des troupes en Afghanistan dans une guerre nécessaire mais que personne ne sait comment faire pour la gagner. Sans oublier la montée du chômage, la bombe iranienne et quelques autres dossiers brûlants.
De nombreuses voix se sont fait entendre ces derniers temps pour estimer que Barack Obama n’avait pas les épaules assez larges pour traiter de tous ces problèmes et que, peut-être, il n’était pas celui que l’on croyait. Celui que ces «on» croyait qu’il était ressemblait fort à… Dieu! Il faut réécouter ou relire beaucoup de ceux qui mettent en doute aujourd’hui ses capacités quand ils faisaient l’apologie béate et ridicule d’un homme qu’ils ne connaissaient même pas mais dont «on» devait dire qu’il allait tout changer aux Etats-Unis et dans le monde pour être dans le coup...
Barack Obama changera peut-être profondément les choses, et aux Etats-Unis, et dans le monde mais de tout cela on ne pourra le savoir qu’à la fin de son travail dans trois ou sept ans. En attendant, au lieu de scruter tous ces échecs le matin en se levant (comme ils scrutaient auparavant tous ces succès), nos «grands commentateurs» qui sont aussi critiques qu’ils avaient été dithyrambiques devraient faire quelque introspection car la flagornerie autant que la critique sont faciles, seule l’action est difficile comme l’expliquait un prédécesseur de Barack Obama, Théodore Roosevelt.
Laissons du temps à Barack Obama avant d’émettre des opinions définitives sur son action. Cependant, le Président américain n’a jamais et ne sera jamais un homme parfait. Et, d’ailleurs, il ne le prétend pas. Durant la campagne électorale face d’abord à Hillary Clinton puis face à John McCain, il a montré quelques limites et quelques insuffisances dont il avait été fait état ici. De même, il n’est pas ce Messie pur et désintéressé venu sauver le monde mais un homme politique avec une très grande confiance en lui-même et avec une ambition démesurée. SI tel n’avait pas été le cas, il ne serait pas où il est aujourd’hui.
Mais quelques soient ses défauts et ses insuffisances, tout autant que ses qualités et ses points forts, ils ne peuvent seuls le qualifier. Ce sont uniquement ces actes et ses réalisations qui nous en diront un peu plus. Gageons que les «grands commentateurs» ne seront pas capables d’attendre et que, d’un côté ou d’un autre, ils continueront à juger quotidiennement Barack Obama. C’est dommage. La seule chose positive c’est qu’heureusement, eux, ils ne sont pas au pouvoir!
Alexandre Vatimbella

Par Alexandre Vatimbella
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Mardi 22 septembre 2009

Baisse de popularité, médias sceptiques, opposition plus agressive, projets critiqués, Barack Obama est dans une mauvaise passe même s’il faut immédiatement ajouter qu’il garde une côté de confiance positive avec plus de 50% d’Américains qui ont de lui une image positive. Mais le Président américain doit faire face à un certain nombre d’écueils politiques. On peut d’ailleurs les classer en trois catégories, ceux provenant de la situation politique, économique et sociale, ceux provenant du contenu de ses réformes et puis ceux qui proviennent de sa manière de gouverner.
Parlons brièvement des deux premières catégories avant de nous focaliser sur la troisième qui nous intéresse plus ici. Barack Obama, dès son élection, a hérité d’une situation intérieure et extérieure catastrophique. Une crise économique et financière mondiale qui a démarré aux Etats-Unis, deux guerres (Irak et Afghanistan) qui semblent impossibles à gagner, voire même à terminer, une nation divisée et doutant d’elle-même qui a tendance à se recroquevillée sur elle-même, en témoigne les débats sur l’immigration, par exemple.
Ses réponses à ces défis immenses ont été de proposer une politique volontariste avec de nombreuses réformes. Il y a d’abord eu le plan de relance de l’économie d’un montant sans précédent de 787 milliards de dollars. Il y a eu ensuite les sauvetages de banques et d’industries comme celle de l’automobile avec des nationalisations de fait. Il y a eu encore la révision de la stratégie en Irak et en Afghanistan. Puis est venu le temps des deux réformes principales de la présidence Obama, celle du système de santé afin de garantir une assurance santé à tous les Américains, celle du système financier afin d’éviter les abus qui ont conduit à la crise actuelle.
Voilà de quoi déstabiliser la première puissance du monde qui, tout d’un coup, voit un cataclysme économique fondre sur elle puis un remède de cheval lui être proposé. D’autant que si la situation économique s’est améliorée, le chômage demeure pour l’instant à un niveau très élevé. Mais Barack Obama semble aussi avoir été déstabilisé par sa propre politique centriste.
Pendant la campagne électorale de 2008, Barack Obama avait affirmé à de multiples reprises qu’il gouvernerait avec tous les Américains et qu’il serait un président «pospartisan» c’est-à-dire, non seulement capable de faire travailler ensemble les Démocrates et les Républicains mais aussi de dépasser ces clivages pour former une nouvelle donne dans la politique américaine où les majorités peuvent se faire sur des projets et non sur des oppositions de partis.
Bien sûr, cette affirmation avait rendu sceptiques de nombreux chercheurs en sciences politiques qui estiment que la volonté d’un consensus aussi large est carrément impossible dans une démocratie. D’autant, ajoutaient-ils, que les clivages idéologiques dans la politique américaine n’ont jamais été aussi forts grâce à l’action conjuguées des néoconservateurs et de la droite chrétienne qui ont formé une alliance de circonstance afin de bâtir une majorité conservatrice. Ainsi, on estime que les parlementaires américains votent désormais à 95% comme leur camp à la fois au Sénat et à la Chambre des représentants.
Cependant, autant par conviction que par nécessité, Barack Obama a mis en œuvre cette politique de rapprochement qui a déçu très vite la frange la plus à gauche de ses supporters comme on pouvait s’y attendre. Ainsi, dans son gouvernement mais aussi dans des nominations dans son administration au sens large, Barack Obama a nommé de nombreux centristes qu’ils viennent du Parti démocrate comme du Parti républicain ou de la société civile. Néanmoins, cette première phase a été relativement bien accueillie par la population et le monde politique d’autant que le nouveau président bénéficiait alors d’une cote de popularité exceptionnelle.
Mais les choses se sont corsées rapidement sous l’effet de trois facteurs. Le premier est la guérilla qu’ont menée les franges extrémistes du Parti républicain, proches de l’extrême-droite et comptant parmi elles de très nombreux racistes n’acceptant pas qu’un noir puisse diriger le pays. Cette guérilla, dont les chantres sont Rush Limbaugh et Glenn Beck, deux animateurs à la radio et à la télévision, a obligé un certains nombres de Républicains modérés soit à se faire discrets, soit à rejoindre une opposition dure de peur de perdre leur électorat le plus à droite et qui leur a permis de se faire élire.
Le deuxième facteur vient de ce que Barack Obama n’a pas été aussi bien élu qu’on pourrait le penser. Cette affirmation pourrait surprendre puisqu’il a obtenu 53% des suffrages. Mais il ne faut pas oublier les circonstances extrêmement favorables de l’élection pour un candidat démocrate. Les analystes estimaient que si le Parti démocrate ne remportait pas cette élection c’est qu’il ne pourrait plus jamais en remporter. Toutes les circonstances jouaient en sa faveur: un président (George W Bush) complètement discrédité avec une popularité à 27%; une situation économique et financière très grave; une guerre en Irak s’enlisant; des scandales à répétition sur les écoutes téléphoniques ou les tortures sur les présumés terroristes prisonniers; un candidat républicain, John McCain, totalement sans charisme et relief dont beaucoup d’ennemis venaient de son propre camp. Du coup, en référence aux résultats électoraux du passé, les experts estimaient que même un âne (emblème du Parti démocrate) devait l’emporter… En tout cas, selon eux, un raz-de-marée d’au moins 55% à 60% des voix étaient prévisibles. Barack Obama n’est parvenu qu’à 53% et a été même, pendant un cours laps de temps, en retard dans les sondages derrière John McCain. Bien sûr, la couleur de sa peau a joué dans cette déperdition de voix mais il semble bien aussi que sa difficulté à mobiliser sur une vision consensuelle dans un environnement clivé ait été également un facteur d’un résultat moins large que prévu.
Quant au troisième facteur, il semble qu’un excès de confiance de Barack Obama dans son charisme et ses capacités de rassemblement, bien connus de ceux qui le suivent depuis ses débuts en politique, ne lui aient pas permis de se mobiliser suffisamment sur les grands défis de sa présidence.
Le débat sur la réforme du système de santé est à cet égard exemplaire. Barack Obama souhaitait un large consensus sur son plan pour deux raisons. Il voulait démontrer que sur une question aussi importante les Américains pouvaient se réunir. Mais il voulait aussi éviter les déboires que le plan de Bill Clinton a connu suite au refus de celui-ci d’accepter de l’amender pour qu’il soit adopté à la fois par les Démocrates et les Républicains. Du coup, Barack Obama fixa les grandes lignes et laissa au Congrès de structurer la réforme. Las, les Républicains en profitèrent pour faire de cette réforme un test sur la popularité du Président, certains d’entre eux prédisant avec joie qu’elle serait son Waterloo… On connaît la suite avec les attaques outrancière dont il a été victime puisqu’il a été traité d’Hitler et de Staline (!) sans oublier tous les mensonges sur son contenu sans pour autant susciter une réaction forte de la présidence ?
Dès lors on peut se poser la question de savoir si la politique centriste de Barack Obama, tant dans le fond que sur la forme, tant dans le contenu que dans la pratique du pouvoir, n’est pas remise en cause et que les difficultés qu’il rencontre ne démontrent pas l’impossibilité d’un gouvernement aux pratiques réellement centristes.
Il est certain qu’un gouvernement centriste a deux fois plus d’ennemis qu’un gouvernement de gauche ou de droite puisque la Droite et la Gauche le critiquent en même temps, chacun des deux bords trouvant qu’il penche de l’autre côté. C’est pourquoi, malgré ce que croient certains, le Centrisme est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre et qu’il faut une volonté de tous les instants pour rassembler et trouver des consensus. L’erreur de Barack Obama a sans doute été de croire que sa victoire était une acceptation de cette politique centriste alors qu’elle était plutôt une autorisation de la mettre en œuvre sous l’œil vigilant du peuple. Si Barack Obama avait compris son élection de cette manière, il aurait continué inlassablement à travailler au rassemblement et aurait allumé des contrefeux aux déclarations et aux agissements extrémistes qui se sont fait jour depuis six mois avant que ceux-ci, de manière virale bien connue maintenant, n’atteignent internet puis les médias traditionnels.
Car avoir des ennemis et des sceptiques à droite et à gauche permet à ceux-ci de déstabiliser d’autant plus un pouvoir que celui-ci ne peut s’appuyer sur un camp contre un autre puisqu’il désire rassembler les bonnes volontés d’où qu’elles viennent pour bâtir une politique au-delà des clientélismes qui sont les bases même des politiques clivantes de droite et de gauche.
Bien entendu, on ne peut pas conclure que Barack Obama a échoué alors qu’il n’est même pas au pouvoir depuis un an, ni même qu’il ne va pas reprendre la main rapidement. Certains observateurs estiment qu’il pourra en être le cas s’il parvient à faire passer une réforme de la santé même si celle-ci ne correspond pas exactement à celle qu’il souhaitait voir mettre en œuvre. Mais il ne réussira à mettre en place une politique et un pratique centristes que s’il comprend que le consensus et le juste équilibre à la base de celles-ci est un combat de tous les instants, une lutte contre tous les intérêts particuliers et les clientélismes qui viennent de tous les bords.
Le Centrisme ce n’est pas et ce ne sera jamais une politique molle. Une politique molle est une politique au centre que font la Droite et la Gauche quand elles sont au pouvoir en essayant de ne pas décevoir la frange extrémiste de leur électorat. Ce n’est pas une politique du Centre, bien plus exigeante et bien plus éprouvante pour ceux qui s’en réclament. Mais c’est sans doute la seule qui nous permettra de construire un présent et un avenir où chacun a sa place et ou tout le monde se sent concerné et impliqué. Et ça vaut bien toutes les dépenses d’énergie. A Barack Obama de nous prouver qu’il n’est pas seulement un phénomène médiatique mais un farouche combattant de ses idéaux politiques.
Alexandre Vatimbella


Par Alexandre Vatimbella
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Lundi 14 septembre 2009

Faire de la politique procède de deux ambitions. Une ambition pour faire triompher ses idées et une ambition personnelle de parvenir aux plus hautes fonctions. Si les deux se combinent habilement, on peut garder alors une grande partie de son intégrité tout en ayant fait les concessions habituelles afin de parvenir dans les allées du pouvoir. Si l’ambition de faire triompher ses idées est trop prégnante, elle devient malheureusement un handicap car alors on n’est pas assez flexible dans un univers où cette dernière caractéristique est une des qualités requises pour réussir. Si l’ambition personnelle de parvenir aux plus hautes fonctions l’emporte, on devient alors cynique et uniquement mu par un intérêt d’avoir le pouvoir puis de le garder coûte que coûte tout en flattant son égo.
Quand on parle d’idées, il est bien entendu que l’on peut évoluer et que l’on peut même changer de camp si ce transfert s’effectue en toute clarté et si l’on demeure fidèle à ses valeurs. Mais l’évolution n’est pas un retournement de veste si bien chanté voici quelques décennies par un Jacques Dutronc. Ce n’est pas, non plus, la pêche aux voix. Bien sûr, à la lumière de ce que l’on vient de dire, peu d’hommes et de femmes politiques peuvent entrer dans le portrait robot du politique intègre et fidèle à ses valeurs exerçant le pouvoir pour promouvoir avant tout ses idées et flatter son égo ensuite.
Bien sûr, à Droite comme à Gauche, on connait de nombreux politiciens qui ont renié leurs camps. Néanmoins, ce sont souvent ceux du Centre qui sont accusés de ne faire que la chasse aux postes, des accusations pas toujours mensongères… Même s’il faut ajouter immédiatement que le positionnement du vrai Centriste, un juste équilibre consensuel, rend plus facile ce type d’accusations dès que celui-ci partage une vision politique avec la Droite ou la Gauche.
Pour autant, les récents déchirements et divisions du Centre montrent que la tentation du pouvoir à tout prix en marchant sur les convictions et les valeurs que l’on a défendu jusque là semblent animer le comportement d’un certain nombre de têtes d’affiche du Centre. Non pas que les alliances que ceux-ci veulent réaliser soit à droite, soit à gauche les rendent suspects a priori puisque celles-ci sont évidemment nécessaires puisque le Centre n’est pas majoritaire politiquement dans le pays et que le splendide isolement n’est guère très efficace pour peser sur le devenir du pays. Ce sont plutôt les raisons de ces alliances et rapprochements qui doivent nous interroger. Et l’analyse de celles-ci montrent que l’aiguille penche souvent plus du côté de l’ambition personnelle que de la défense et la promotion des idées. C’est bien dommage parce qu’un Centre indépendant et réuni aurait la capacité de pouvoir peser sur la vie politique de la France de manière très efficace en orientant celle-ci vers un consensus qui fait très largement défaut actuellement. L’unité du Centre par la réunion des partis qui s’en réclament est la seule voie possible pour faire triompher les idées centristes. Le morcellement qui peut avoir ses atouts en modérant la vie politique de la nation face aux tentations de radicalisation a actuellement atteint ses limites. En effet, au lieu de maintenir la Droite et la Gauche sur des positionnements modérés, elle leur a permis, pour des raisons de tactiques politiciennes d’adopter un discours plus extrémistes et de démarrer des processus de rapprochement avec leurs extrêmes. Dès lors, le Centre qui s’est allié avec la Droite et celui qui veut s’allier avec la Gauche sont en train de devenir des alibis alors qu’une forte polarisation se met en place. Bien sûr, certains politiciens du Centre y trouveront une récompense mais cela se fera au détriment du Centre et du Centrisme…

Alexandre Vatimbella


Par Alexandre Vatimbella
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